Syndicat Emeraude

Et si on apprenait à jardiner autrement ?

Laure et Guillaume sont deux passionnés. Leur créneau : le jardinage, et plus précisément le potager qui est situé à deux pas de la maison dans laquelle ils vivent. Rencontre avec deux amoureux de la nature, pour qui la passion de la terre leur a fait repenser leur mode de vie.
Déchets Tri

Dis moi ce que tu jardines ....

A Saint-Prix, un carré de verdure attire l’attention des badauds qui profitent de la forêt et du vieux centre ville. Niché au coeur d’un quartier Ô combien atypique, le potager de Laure et Guillaume ne laisse pas indifférent.
Pour le décrire, il suffit de s’arrêter sur ces petits détails qui sucitent l’attention : un composteur de 620 litres, avec des inscriptions colorées bien visibles : " Compostez avec nous ! ".
Parce que pour eux, l’intérêt de jardiner, c’est aussi de partager. Alors quand on leur demande qui composte avec eux, ils répondent : "nos voisins principalement, enfin je crois ! C’est assez sympa d’ouvrir le composteur et de voir qu’on est pas les seuls à l’alimenter ! ".
Et puis, dans ce potager, il y a toutes sortes d’objets de récupération : une petite verriere fabriquée à partir d’anciennes fenêtres, des barrières colorées pour délimiter les différentes cultures… Ici, on aime jardiner mais pas que…le système D est de rigueur et permet d’éviter de jeter !

Lorsqu’on leur demande pourquoi ils n’ont pas mis de barrière pour délimiter leur terrain, ils répondent, tout sourire : « Pas besoin de ça ! Pourquoi s’enfermer ? L’idée, c’est d’inviter les gens à venir nous rencontrer, partager avec nous et nous aider s’ils le souhaitent ! C’est toujours agréable de partager autour d’une passion. Et puis on apprend beaucoup des autres !"

Dailleurs quand on leur demande où est leur bac à déchets végétaux, ils nous regardent, étonnés : « On n’en a pas ! (rires) à vrai dire, cela ne nous serait pas très utile : les déchets de la cuisine sont compostés, les déchets du jardin également. On a même souvent besoin d’aller en forêt pour récupérer des feuilles mortes et des branchages pour pailler nos cultures. »

.... Je te dirai qui tu es !

Déchets Tri
Pour eux, une seule évidence dans leur façon de jardiner : laisser la nature reprendre ses droits. Ce qui explique toute leur vision du potager. Ils ne vont pas à l’encontre des saisons, et du besoin des plantes. Aux prémices de cet espace de verdure, Laure souhaitait semer des fleurs, tout simplement car elle adore ça.
Et puis l’idée à germé de se créer un espace avec quelques petites récoltes, une sorte de hobby qui s’est enraciné dans son mode de vie.

" C’est devenu évident, j’aimais le contact de la terre, je pouvais y passer des heures; c’est une vraie échappatoire. "

De l'utopie à la réalité

Avec Guillaume, le potager prend une nouvelle dimension, des nouvelles variétés viennent s’associer aux premières, la terre soigneusement entretenue est désormais très nourricière.
Les deux amoureux ont une idée en tête : devenir autosuffisants en nourriture ! Un challenge ? Pas tant que cela, quand on découvre les quantités de fruits et légumes qu’ils récoltent au gré des saisons ! Pour preuve, lors de notre rencontre, des courges énormes trônaient fièrement dans le salon.
"Cette année, nous avons eu une récolte incroyable, l'équivalent de 100kg de courges ! Certaines pesent jusqu’a 10kg, on s’est meme amusé à leur donner des prénoms !" »

Déchets Tri
Il n’y a qu’à goûter leur production pour comprendre ; selon eux, la vraie satisfaction, c’est gustativement qu’elle se passe : il suffit de goûter une (vraie) fraise, cueillie avec passion à la bonne saison à deux pas de leur maison pour conforter leur choix de vie.
Pour avoir cette jolie production, il était nécessaire pour eux d’avoir quelques bases solides sur la permaculture ; c’est à dire le «faire avec ce que l’on a.»

Et pour eux, cela voulait dire un terrain en pente, face auquel ils ont dû créer des étages structurés, une absence de point d’eau, qu’ils ont également réalisé (a l’aide de matériaux récupérés). Ils ont également associé des cultures dites « amies », qui se protègent l’une et l’autre, comme par exemple : radis-épinards-carottes, ou tomates-salades.
C’est évidemment sans produits phytosanitaires qu’ils « travaillent » leur potager. Avec un peu de bon sens, ils réutilisent le marc de café comme compost, plantent en priorité des espèces méllifères, c’est à dire des variétés qui attirent les abeilles. Et relancent ainsi la biodiversité!

Quand on voit ce couple de passionnés, on se dit que finalement le potager semble accessible à chacun ; a minima, ils prouvent que jardinage ne rime pas avec déchets végétaux ; il suffit de savoir réutiliser et composter ceux-ci.

Une belle initiative qui mérite d’être saluée. Alors, si vous vous promenez durant les beaux jours du côté de Saint-Prix, pensez à leur rendre visite pour partager sur leurs bonnes pratiques, et les vôtres.
Un grand merci (et bravo!) à Laure et Guillaume pour leur disponibilité...